Nouvelle loi vaudoise sur l'énergie : ce qui change pour vous dès 2027 🌞

Nouvelle loi vaudoise sur l'énergie : ce qui change pour vous dès 2027 🌞

 

Vous en avez peut-être entendu parler autour de vous, ou aperçu quelques titres dans la presse : le canton de Vaud vient de se doter d'une toute nouvelle loi sur l'énergie (LVLEne). Adoptée le 3 février 2026 par le Grand Conseil, elle devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027.

Et comme c'est exactement le genre de sujet qui nous tient à cœur ici (et qui concerne directement votre maison, votre chauffage et votre installation solaire 😉), j'ai décortiqué le texte pour vous. Voici ce que ça change concrètement pour les propriétaires vaudois.

Pourquoi cette nouvelle loi ?

Le canton de Vaud importe aujourd'hui plus de 80% de son énergie de l'étranger. Pétrole, gaz, électricité… autant de dépendances qui coûtent cher, à nos portefeuilles et à notre planète. L'objectif de la loi est clair : accélérer la transition énergétique, développer les renouvelables locaux (solaire, géothermie, hydraulique, éolien) et atteindre la neutralité carbone au plus tard en 2050, avec une étape intermédiaire de -60% d'émissions de CO₂ d'ici 2030.

Bref, on ne fait pas que parler. On légifère. Et comme toujours, ça impacte les propriétaires en premier.

Ce qui change pour vous : les points clés

🔥 Fin des chauffages fossiles, mais pas du jour au lendemain

C'est probablement la mesure la plus attendue (et la plus discutée) de cette loi. Les chaudières à mazout et au gaz, c'est fini… mais progressivement, et uniquement en fin de vie de l'installation :

  • Nouvelles constructions : les chauffages fossiles sont interdits dès l'entrée en vigueur de la loi (janvier 2027). Idem si vous remplacez votre chauffage existant.
  • Installations existantes mises en place avant 2020 : remplacement par une énergie renouvelable obligatoire d'ici 2042.
  • Installations mises en place après 2020 : vous avez jusqu'à 2047.

Les alternatives reconnues par la loi : pompe à chaleur, chauffage à bois, raccordement à un réseau de chaleur à distance, solaire thermique.

Bonne nouvelle : une disposition qui aurait imposé le remplacement dans les 5 ans suivant un achat immobilier a été supprimée lors des débats. Vous n'avez donc pas d'obligation de remplacement immédiate si vous achetez une maison avec un vieux mazout.

⚡ Chauffages électriques directs : un cas particulier à connaître

Vous avez une chaudière électrique alimentant une distribution hydraulique (plancher chauffant, radiateurs) ? Elle est dans le viseur d'un décret déjà en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Le délai de remplacement est fixé au 1er janvier 2033. Une pompe à chaleur haute température est souvent la solution la plus adaptée pour conserver la distribution existante.

Des dérogations existent si votre bâtiment présente déjà une enveloppe thermique performante (classe A, B ou C au CECB), ou si une part de la consommation est compensée par une production renouvelable sur site.

☀️ Panneaux solaires obligatoires sur les nouvelles constructions

Les installations photovoltaïques deviennent obligatoires dans deux situations :

  • Lors de la construction d'un nouveau bâtiment
  • Lors d'une rénovation importante de la toiture

L'objectif est de favoriser l'autoconsommation énergétique directement sur le bâtiment. À noter : l'obligation de couvrir toutes les toitures existantes d'ici 2039, qui figurait dans une version antérieure du projet, a été abandonnée lors des débats parlementaires.

Si vous construisez ou rénovez votre toiture, intégrez le solaire dès la conception : c'est le bon moment, et souvent le moins cher pour le faire.

🏚️ Les "passoires énergétiques" : qui est vraiment concerné ?

C'est ici que les choses méritent d'être bien comprises et que beaucoup d'articles font l'amalgame. Il faut distinguer deux notions :

La SRE, qu'est-ce que c'est ? La Surface de Référence Énergétique (SRE) est la somme de toutes les surfaces de plancher chauffées ou climatisées d'un bâtiment (selon la norme SIA). Ce n'est pas la surface totale du bâtiment, les garages, caves non chauffées et locaux techniques sont exclus.

Qui est concerné par l'obligation d'assainissement ?

Uniquement les bâtiments classés F ou G au CECB (les "passoires énergétiques") dont la SRE dépasse 750 m² ce qui correspond généralement à des immeubles de logements ou des bâtiments commerciaux construits avant 1986 et jamais rénovés.

Les échéances selon la loi adoptée :

  • Bâtiment classé G (> 750 m² SRE) : assainissement pour atteindre au moins la classe D d'ici 2037
  • Bâtiment classé F (> 750 m² SRE) : assainissement pour atteindre au moins la classe D d'ici 2042

Si votre bâtiment est en F ou G mais fait moins de 750 m² de SRE (une villa, une petite maison de rendement) : pas d'obligation d'assainissement de l'enveloppe prévue par cette loi. C'est une exemption importante qui a été introduite lors des débats parlementaires pour protéger les petits propriétaires.

Des dérogations sont également prévues pour les bâtiments à faible consommation réelle, les contraintes techniques ou patrimoniales, ou les propriétaires sans moyens financiers suffisants.

📋 Le CECB obligatoire : à la vente ET pour les bâtiments anciens

Deux situations déclenchent désormais l'obligation d'un CECB (Certificat Énergétique Cantonal des Bâtiments), aux frais du propriétaire :

  1. Lors de la vente d'un bâtiment d'habitation
  2. Lors du remplacement d'un chauffage par une nouvelle installation fossile (mazout ou gaz)

De plus, les bâtiments construits avant 1986 et jamais assainis devront faire établir un CECB dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur de la loi (soit d'ici environ 2032). Le certificat ne crée pas d'obligation automatique de travaux, mais donne une image claire de la situation énergétique du bâtiment.

🚗 Bornes de recharge dans les nouveaux bâtiments et parkings

Les nouvelles constructions résidentielles et les parkings devront être pré-équipés pour accueillir des bornes de recharge pour véhicules électriques. Les exigences exactes (pourcentage de places, délais) ont été assouplies lors des débats par rapport au projet initial, le règlement d'application, attendu fin 2026, précisera les détails.

📊 Suivi de l'IDC renforcé

Pour les bâtiments de plus de 5 unités de chauffage, le suivi de l'Indice de Dépense de Chaleur (IDC) devient plus rigoureux. En cas de dépassement répété des seuils fixés par affectation du bâtiment, le propriétaire devra entreprendre des mesures d'optimisation. Un argument de plus pour ne pas attendre et engager la réflexion maintenant.

Et les subventions dans tout ça ?

La bonne nouvelle, c'est que la loi s'accompagne d'un paquet financier conséquent : plus de 800 millions de francs sur la période 2027–2032, soit plus de 100 millions par an en moyenne. Il y a de l'argent pour vous aider à :

  • Remplacer votre chauffage fossile
  • Isoler votre bâtiment
  • Installer des panneaux solaires
  • Et bien plus encore

Une subvention spécifique est même prévue pour les propriétaires bailleurs qui s'engagent à ne pas répercuter les coûts de rénovation sur les loyers.

⚠️ Rappel crucial : la demande de subvention doit toujours être déposée avant le début des travaux. Pas après. Toujours avant. C'est la règle qui fait rater le coche à beaucoup de propriétaires: ne faites pas cette erreur !

Ce que ça signifie concrètement selon votre situation

Votre situation Ce que ça change Échéance
Vous construisez Pas de fossile, solaire sur toiture obligatoire Dès 2027
Chauffage mazout/gaz installé avant 2020 Remplacement par renouvelable en fin de vie D'ici 2042
Chauffage mazout/gaz installé après 2020 Remplacement par renouvelable en fin de vie D'ici 2047
Chaudière électrique directe (hydraulique) Remplacement obligatoire Avant 2033
Bâtiment G > 750 m² SRE Assainissement jusqu'à classe D minimum D'ici 2037
Bâtiment F > 750 m² SRE Assainissement jusqu'à classe D minimum D'ici 2042
Bâtiment F ou G < 750 m² SRE Pas d'obligation d'assainissement de l'enveloppe
Bâtiment construit avant 1986, jamais rénové CECB à établir D'ici ~2032
Vente d'un bien CECB obligatoire, aux frais du vendeur Dès 2027

Mon avis

Ce qui me frappe dans cette loi, c'est qu'elle donne enfin de la visibilité sur le long terme. Les délais sont là, clairs, avec des dates. Pour un propriétaire, c'est une invitation à planifier et à ne pas attendre le dernier moment pour agir, quand les artisans seront débordés et les subventions peut-être épuisées.

Le solaire devient clairement un standard, pas une option. Et les pompes à chaleur vont continuer leur montée en puissance pour remplacer les fossiles. C'est exactement la direction que je défends depuis le début chez Easy-Sun. 🌱

Besoin de faire le point sur votre situation ? N'hésitez pas à me contacter, c'est exactement pour ça que je suis là.

 


Sources : État de Vaud — FAQ officielle LVLEne (vd.ch/djes/faq-loi-energie-2026), page de présentation (vd.ch/djes/nouvelle-loi-sur-lenergie), RTS Info, Association des Communes Vaudoises (ADCV)

Article rédigé en mai 2026 — les informations sont basées sur la loi définitivement adoptée le 3 février 2026 par le Grand Conseil vaudois (99 voix pour, 31 contre, 13 abstentions). Le règlement d'application doit être adopté par le Conseil d'État durant le deuxième semestre 2026 et entrera en vigueur simultanément.


Recharge V2H et V2G en Suisse : où en est-on en 2026 ? Quelles sont les perspectives de développement ?

Recharge V2H et V2G en Suisse : où en est-on en 2026 ? Quelles sont les perspectives de développement ?

 

J'en avais déjà parlé dans un précédent article, je fais un point complet sur l'état de la technologie en Suisse, les modèles de véhicules compatibles, le cadre légal qui vient de changer, et les perspectives concrètes pour les prochaines années.

Imaginez que votre voiture électrique, garée dans votre garage, alimente silencieusement votre maison avec l'électricité que vos panneaux solaires ont produite pendant la journée. Le soir venu, vous cuisinez, vous éclairez votre salon et vous chauffez votre eau chaude… sans puiser un seul watt dans le réseau public. C'est la promesse de la recharge bidirectionnelle, et elle n'a jamais été aussi proche de la réalité qu'en 2026.

 

Rappel : V2H, V2G, V2L, V2X, c'est quoi exactement ?

Contrairement à une recharge classique où l'électricité circule uniquement du réseau vers votre voiture, la recharge bidirectionnelle permet à l'énergie de circuler dans les deux sens. Votre véhicule électrique devient une véritable batterie mobile, capable de restituer son énergie stockée selon différents modes :

  • V2H (Vehicle-to-Home) : la batterie de votre voiture alimente directement votre maison. C'est le cas d'usage le plus concret pour les particuliers, notamment en combinaison avec une installation solaire. Vous stockez l'excédent solaire de la journée dans votre voiture, puis vous le consommez le soir.
  • V2G (Vehicle-to-Grid) : votre véhicule réinjecte de l'électricité dans le réseau public lorsqu'il est stationné. En échange, vous pouvez percevoir une rémunération ou bénéficier d'une réduction sur votre facture d'électricité.
  • V2L (Vehicle-to-Load) : votre voiture fonctionne comme une énorme prise de courant portable : idéal pour alimenter des outils sur un chantier ou des appareils lors d'un camping. C'est le mode le plus simple et déjà disponible sur de nombreux modèles (l'adaptateur V2L est désormais disponible sur certaines bornes Zaptec publiques pour la recharge de vélos électriques) 😜
  • V2B (Vehicle-to-Building) : variante du V2H à plus grande échelle, pour alimenter un bâtiment entier ou une flotte d'entreprise.

Le terme générique V2X (Vehicle-to-Everything) désigne l'ensemble de ces technologies.

 

 

Ce qu'il faut pour que ça fonctionne ⚡🔌

Pour bénéficier de la recharge bidirectionnelle chez vous, trois éléments doivent être réunis simultanément :

  1. Un véhicule compatible : tous les véhicules électriques ne le sont pas. La compatibilité varie selon les modèles et les marchés.
  2. Une wallbox bidirectionnelle : une borne de recharge classique ne suffit pas. Il faut une borne spécifiquement conçue pour gérer les flux d'énergie sortants, équipée d'un onduleur bidirectionnel.
  3. Un système de gestion de l'énergie : une application ou un système domotique qui définit les règles de décharge (par exemple : ne jamais descendre en dessous de 30 % de charge pour garantir votre mobilité quotidienne).
  4. (bonus) Et bien sûr une production d'électricité suffisante 🙄😅

Si l'un de ces maillons manque, le système reste inopérant. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles la technologie tarde à se démocratiser.

La Suisse et le V2X : le bilan du grand test pilote

La Suisse n'est pas en retard sur ce sujet, mais on prend notre temps (aussi vite que possible mais aussi lentement que nécessaire)...

Entre l'automne 2022 et le printemps 2024, le projet « V2X Suisse », mené par l'entreprise de car-sharing Mobility avec le soutien de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) a constitué le test grandeur nature le plus ambitieux jamais réalisé en Suisse, et l'un des plus importants d'Europe.

Le principe : 50 voitures électriques bidirectionnelles (des Honda e) réparties sur 40 emplacements Mobility à travers la Suisse, intégrées à l'exploitation normale du car-sharing.

Les résultats techniques sont probants. Le projet a démontré que les véhicules étaient capables de répondre aux exigences de Swissgrid, l'exploitante nationale du réseau, en réinjectant de l'électricité en quelques secondes sur simple signal de l'opérateur.

En termes de potentiel, les chiffres donnent le vertige. Une centaine de milliers de véhicules électriques équipés du V2G pourraient, en théorie, injecter dans le réseau une puissance équivalente à celle de la centrale nucléaire de Leibstadt.

Mais la rentabilité économique n'est pas encore au rendez-vous. La rentabilité insuffisante du projet a conduit à l'arrêt de la recharge bidirectionnelle à la fin du projet pilote. Et le responsable du projet chez Mobility, Marco Piffaretti, le reconnaît : l'offre de voitures à recharge bidirectionnelle s'est développée moins vite qu'espéré.

La conclusion du projet reste malgré tout optimiste : l'ère des voitures électriques bidirectionnelles est imminente, mais il faudra encore quelques années pour que la technologie soit largement utilisée.

 

 

 

Le cadre légal qui change tout : la loi sur l'électricité

C'est ici que 2024-2026 marque un tournant décisif pour la Suisse. Le 9 juin 2024, le peuple suisse a accepté la loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables, avec 68,7% de oui.

Cette loi change concrètement les règles du jeu pour le V2G. Jusqu'ici, l'un des obstacles majeurs était que la réinjection d'électricité dans le réseau entraînait des doubles frais de réseau ce qui rendait le V2G financièrement peu attractif. La loi sur l'électricité permettra de rembourser ces frais de réseau doubles, et pose les bases d'un marché de la flexibilité pour les gestionnaires de réseau de distribution locaux.

La mise en vigueur est progressive : le premier volet est entré en vigueur le 1er janvier 2025, et le deuxième volet, qui comprend notamment les obligations de reprise et de rétribution pour l'électricité réinjectée dans le réseau, est entré en vigueur le 1er janvier 2026 (le savais-tu ?)

Par ailleurs, la loi prévoit explicitement la participation des citoyens via des communautés électriques locales et des possibilités de charge bidirectionnelle, ainsi que l'intégration d'accumulateurs décentralisés et la tarification dynamique.

Concrètement, dès 2026, les propriétaires de véhicules compatibles ont une base légale claire pour réinjecter leur électricité et être rémunérés pour ce service au réseau.

Mais personne n'en parle... pourquoi ?

 

Quels véhicules sont compatibles en 2026 ?

La liste s'est considérablement allongée ces deux dernières années.

Voici les principaux modèles compatibles avec l'une ou plusieurs des technologies bidirectionnelles, selon les données disponibles début 2025 :

Marque Modèle(s) Mode(s)
Hyundai Ioniq 5, Ioniq 6, Kona 65 kWh V2L, V2H
Kia EV6, EV9, Niro EV V2L, V2H
Volkswagen ID.3, ID.4, ID.5, ID.7, ID.Buzz V2H
Skoda Enyaq 77 kWh V2H
Audi Q4 e-tron V2H
Cupra Born (dès 2024), Tavascan V2H
Renault R5 E-Tech V2G (offre dédiée)
Nissan Leaf, e-NV200, Ariya V2G (pionnière depuis 2014)
MG MG4, MG5, Marvel R V2L, V2H
Genesis GV60, GV70, G80 V2L, V2H
Peugeot e-3008, e-5008 V2L
Mitsubishi Outlander, Eclipse Cross V2H
Polestar 3 V2H

Et une grande nouveauté pour la Suisse : Mercedes-Benz introduira la recharge bidirectionnelle à domicile pour ses nouveaux modèles GLC électrique et CLA en 2026, avec une arrivée prévue sur le marché suisse dès le deuxième semestre 2026 via une mise à jour Over-the-Air, dans le cadre du système intégré MB.CHARGE Home.

💡 À noter : la compatibilité exacte avec le V2G, V2H ou V2L varie selon les modèles et les marchés. Vérifiez toujours avec votre concessionnaire avant tout achat si vous souhaitez exploiter cette fonctionnalité en Suisse.

 

Combien ça coûte cette histoire ?

Le prix est le frein principal à la démocratisation.

La technologie existe, les véhicules arrivent. Mais le coût reste aujourd'hui l'obstacle numéro un. Une borne de recharge bidirectionnelle de type V2H de 10 kW coûte actuellement dans les 18 000 francs suisses. C'est nettement plus qu'une wallbox classique (entre 1 500 et 3 000 CHF).

Cela dit, le retour sur investissement peut être significatif. La directrice de sun2wheel, Karin Schäfer, pionnière dans l'installation de bornes de recharge bidirectionnelles, explique avoir amorti son installation en 7,5 ans, avec des économies d'environ 4 500 francs par an sur une consommation annuelle de 16 000 kWh.

Pour un ménage standard avec une installation photovoltaïque, le V2H présente un attrait particulier : votre voiture remplace (en partie) une batterie fixe à domicile, qui elle aussi représente un investissement important. La synergie solaire + V2H peut donc s'avérer très intéressante sur le plan économique.

V2H vs V2G : quel cas d'usage est fait pour vous en 2026 ?

Le V2H : le choix pragmatique pour les particuliers

C'est aujourd'hui le scénario le plus accessible et le plus rentable pour un propriétaire particulier équipé de panneaux solaires. L'excès de courant solaire est stocké dans la voiture électrique et utilisé la nuit, notamment pour le chauffage et l'eau chaude. Votre voiture complète ou remplace une batterie de stockage fixe.

Le V2H fonctionne également dans le cadre d'un Regroupement dans le cadre de la Consommation Propre (RCP), ce qui le rend pertinent pour les copropriétés ou les petits immeubles équipés de panneaux solaires.

Mais attention : encore faut-il que le véhicule soit branché @home en journée... 😅 Et il faut paramétrer correctement le maximum de décharge pour éviter de se retrouver à sec le matin surtout si des trajets importants sont prévus.

Le V2G : prometteur mais encore en construction

Le V2G, qui implique de réinjecter l'électricité dans le réseau public, nécessite une coordination entre votre véhicule, votre opérateur de réseau et un agrégateur. Les défis restent importants : les différences entre les batteries, les réseaux de bord et les chargeurs des différentes marques compliquent la coordination, et les réseaux de distribution ne sont pas encore tous des Smart Grids capables de gérer ces flux intelligemment.

La nouvelle loi sur l'électricité améliore toutefois considérablement les conditions-cadres. Et des acteurs comme Renault, via sa marque Mobilize, proposent déjà des offres V2G avec rémunération du propriétaire en Allemagne et en France, la Suisse devrait suivre.

Les perspectives pour 2026–2030

Les signaux convergent vers une accélération forte dans les prochaines années :

Du côté des constructeurs automobiles, la liste des véhicules compatibles s'allonge chaque année. Volkswagen, Kia, Hyundai, Mercedes, Renault, les grands constructeurs ont tous intégré le V2X dans leur feuille de route. Les constructeurs chinois (BYD, Nio) proposent également des modèles compatibles, avec des prix d'entrée inférieurs (et BYD commence à être vendu en Suisse!) 🥳

Du côté du réseau, la nouvelle loi suisse sur l'électricité crée enfin les bases d'un marché de la flexibilité rémunérateur. Les gestionnaires de réseau de distribution auront progressivement les outils pour valoriser l'énergie stockée dans les batteries de leurs clients.

Du côté des coûts, les wallboxes bidirectionnelles devraient suivre la même courbe que les panneaux solaires et les batteries lithium : une baisse continue liée à l'industrialisation et à l'augmentation des volumes.

À Y-PARC à Yverdon, un projet pilote explore déjà les synergies entre production photovoltaïque et V2G dans un contexte professionnel, preuve que la Suisse romande prend le sujet au sérieux.

Focus produit : la borne Sigenergy SigenStor EV DC 25 kW — une référence à connaître

Vous le savez, j'aime bien tester des trucs. Je vais agrandir une installation photovoltaïque et la passer en 100% Sigenergy (onduleur hybride, batterie et borne de recharge). Un article spécifique sera réalisé sur cette installation 😉

Qui est Sigenergy ? C'est une entreprise chinoise fondée en 2022 par Tony Xu, un ancien dirigeant de Huawei et expert en intelligence artificielle. En à peine quatre ans, elle s'est imposée comme un acteur incontournable dans le domaine de l'énergie solaire et du stockage résidentiel, avec une solution originale : le premier système 5-en-1 intégrant onduleur solaire, batterie de stockage, gestion d'énergie, recharge VE et V2X dans un seul appareil modulaire.

La borne peut être unidirectionnelle ou bidirectionnelle. Dans le projet que je vais réaliser un écueil technique nous empêche d'installer une borne bidirectionnelle : le connecteur CCS2 est beaucoup trop gros pour passer dans un gainage technique ! 😬🤯 Donc tout ceux qui ne peuvent pas poser l'ensemble Sigenergy dans leur garage vont avoir le même souci.... J'espère que l'entreprise prévoira à terme une solution de déconnexion du câble pour relier locaux techniques à place de parking extérieure. Car c'est un peu mal foutu... !

 

 

Les caractéristiques techniques de la borne bidirectionnelle :

  • 25 kW bidirectionnels en courant continu (DC), aussi bien en charge qu'en décharge
  • Plage de tension 150 V à 1 000 V, compatible avec les architectures 400 V et 800 V des véhicules modernes
  • Connecteur CCS2 (standard européen), avec câble disponible en 5 m, 7,5 m ou 10 m
  • Protection IP66, utilisable en intérieur comme en extérieur, sans entretien régulier
  • Architecture DC couplée : la voiture se charge directement depuis les panneaux solaires sans double conversion, ce qui maximise l'efficacité énergétique
  • Application mySigen pour piloter la charge à distance, avec mises à jour OTA

En pratique, avec 25 kW, la borne peut recharger un véhicule de 75 kWh de 10 % à 90 % en environ 2h30, bien au-delà d'une wallbox AC classique.

 

Ce qui la distingue vraiment, c'est son intégration native dans l'écosystème SigenStor. La borne ne fonctionne pas de manière isolée : elle communique en temps réel avec l'onduleur solaire, la batterie de stockage fixe et le réseau pour décider intelligemment quelle source d'énergie utiliser (solaire en priorité, puis batterie, puis réseau) et dans quel sens faire circuler l'énergie. C'est exactement le type de gestion intelligente dont a besoin un système V2H performant.

💡 Bon à savoir : la fonctionnalité V2X complète dépend de la compatibilité de votre véhicule. Sigenergy publie régulièrement des mises à jour de compatibilité sur son site, et l'activation peut se faire via OTA une fois les normes officielles disponibles pour votre modèle.

Disponibilité en Suisse : depuis juin 2024, Sigenergy a officialisé des partenariats avec deux grossistes suisses spécialisés. Les produits sont stockés en Suisse avec documentation et support technique disponibles en français et en allemand.

Ma conclusion : une technologie à surveiller de très près

Le V2H et le V2G ne sont plus de la science-fiction. La technologie est fonctionnelle, les véhicules compatibles arrivent en masse, et le cadre légal suisse vient enfin de s'adapter pour rendre le V2G économiquement viable.

2026 marque un vrai tournant : c'est l'année où les premiers systèmes V2H complets (voiture + wallbox + gestion solaire) deviennent accessibles au grand public en Suisse, à des prix encore élevés mais qui vont baisser.

 

Mon conseil pratique : si vous envisagez de changer de véhicule électrique dans les prochains 12 à 24 mois, intégrez la compatibilité V2H/V2G dans vos critères de choix. Et si vous planifiez une installation solaire ou une batterie de stockage, discutez avec moi de l'opportunité d'intégrer d'emblée une wallbox bidirectionnelle dans votre projet. L'investissement supplémentaire peut rapidement se justifier 😜☀⚡🔌

 

Vous avez des questions sur l'intégration du V2H avec votre installation photovoltaïque ? Contactez moi à l'aide du formulaire ci-dessous, je serais ravie de vous conseiller pour trouver les solutions les plus adaptées à votre situation.

Sources : SuisseEnergie, Romande Energie, Mobility Switzerland, Office fédéral de l'énergie (OFEN), Association des électriciens suisses (AES), AutoScout24, Mercedes-Benz Suisse.


Photovoltaïque en Suisse : pourquoi revendre son électricité ne vaut (presque) plus rien en 2026

Photovoltaïque en Suisse : pourquoi revendre son électricité ne vaut (presque) plus rien en 2026

⚡ Une réalité qui dérange (et que personne n’explique vraiment)

Pendant des années, on vous a vendu un truc simple :

👉 “Installez des panneaux solaires, revendez le surplus, et votre installation se rembourse toute seule.”

Sur le papier, c’était vrai.

Mais en 2026… ce modèle est clairement en train de s’effondrer.

Aujourd’hui, beaucoup de propriétaires tombent de haut :

➡️ leur électricité est rachetée à des prix de plus en plus bas
➡️ et surtout… leur rentabilité ne dépend plus de ce qu’ils produisent, mais de ce qu’ils arrivent à autoconsommer eux-mêmes.

Et ça, personne ne l’avait vraiment expliqué comme ça.

⚖️ La loi du 9 juin 2024 : le moment où tout a basculé

Le 9 juin 2024, la Suisse a voté OUI (à près de 69%) à la nouvelle loi sur l’électricité.

Sur le principe, difficile d’être contre :

  • produire plus localement
  • développer le solaire
  • sécuriser l’approvisionnement

👉 Sur le fond, c’est cohérent.

Mais sur la manière dont ça a été mis en place… c’est une autre histoire.

Personnellement, j’ai voté NON.
Pas parce que j’étais contre le solaire (bien au contraire !) mais parce que la mise en œuvre me paraissait complètement à côté de la réalité du terrain.

Et à l’époque, j'ai reçu nombre de critiques, voire d'attaques de confrères... car j'avais lu entre les lignes et ce dont j'avais peur eh bien...

On est en plein dedans.

🔄 Ce qui a changé (et que peu de gens ont vraiment compris)

Le prix de rachat n’est plus “décidé” pour une année… il subit le marché.

Avant, chaque distributeur faisait un peu sa sauce.

Aujourd’hui, les tarifs sont liés au marché de l’électricité.

Et le problème est simple :

☀️ quand il y a beaucoup de production solaire…
🥊 les prix s’écrasent.

Donc plus on produit… moins ça vaut. Oui, c’est absurde. Mais c’est la réalité.

Un prix minimum… qui ne sauve pas grand-chose 🙃

Sur le papier, la loi protège les petits producteurs avec un prix minimum.

Ça rassure. Ouf. On va pouvoir dormir tranquille.

Puis tu regardes les chiffres… et là tu comprends.

Prenons un cas concret avec Romande Energie :

  • jusqu’à 30 kW → environ 6 ct/kWh
  • entre 30 et 150 kW → formule dégressive
    → 50 kW = 3.6 ct/kWh
    → 150 kW = 1.2 ct/kWh 😅

Et au-delà ?
👉 plus de garantie ! ça peut être 0 ct...

 

Maintenant mets ça en face de la réalité :

  • tu ACHÈTES ton électricité ~29 ct/kWh
  • tu la REVENDS entre ~1.2 et 6 ct/kWh

Donc chaque kWh injecté est un kWh “bradé” qui sera revendu par le GRD à 29 ct le soir... soit un prix multiplié par 4,8... 😅😆

Et pire, si tu as gagné le jackpot avec une installation de 150 kW, ton kWh injecté est repris (avec mépris) à 1,2 ct pour être lui aussi revendu à 29 ct le soir ! (prix multiplié par 24,1... sacrée marge, on croirait du drop shipping d'influvoleurs) 🤪

On pousse clairement à consommer sur place

Et ça, ce n’est pas un hasard.

La loi encourage fortement :

  • l’autoconsommation
  • les regroupements (RCP, CA+, RCPv)
  • les CEL

Pourquoi ?

Parce que le réseau n’arrive plus à absorber toute la production.

Donc on change les règles :

👉 produisez… mais débrouillez-vous pour consommer, nous on reprend, mais pas cher.

Le petit détail qu’on oublie de vous dire 🐺

Ces nouveaux modèles (CEL), vendus comme révolutionnaires… ne sont pas gratuits.

Dans les faits :

  • tu économises surtout sur une partie du réseau (pas sur toute l’énergie) et au maximum 40%
  • tu dois payer la gestion, le comptage, la facturation

donc une partie des gains disparaît en frais.

Et ce n’est pas tout.

Certains gestionnaires de réseau imposent :
👉 un bridage des onduleurs à 70%

En clair :
tu pourrais produire plus… mais on te limite car il na faudrait pas surcharger le réseau !

Et ça, la plupart des propriétaires ne le découvrent qu’après coup.

⚠️ Ce que ça change concrètement (et ça pique un peu)

Avant : produire beaucoup = rentable

Aujourd’hui : produire sans stratégie = perte financière

Exemple simple :

Vous produisez 1000 kWh :

  • 500 kWh autoconsommés → ~147 CHF économisés
  • 500 kWh revendus → ~30 CHF gagnés

même énergie… mais valeur divisée par 5.

La fin de quelque chose ❌

Non, le photovoltaïque n’est pas “mort” (même si certains chiffres du marché font réfléchir).

Par contre, sa logique a complètement changé.

Avant :
👉 je produis, je consomme ce que je peux, je revends le reste

Aujourd’hui :
👉 je dois organiser ma maison pour consommer intelligemment

Et c’est pour ça que :

  • les batteries explosent
  • le pilotage énergétique devient central
  • les projets deviennent globaux (chauffage, mobilité, stockage…)

💬 Ce que vous devez vraiment comprendre aujourd’hui

La mauvaise question :
👉 “Combien je vais gagner en revendant ?”

La bonne :
👉 “Comment éviter de revendre au mauvais moment ?”

Toute la rentabilité est là.

Et pourtant… beaucoup d’installations sont encore pensées comme avant !

On voit encore énormément de projets conçus comme en 2023 :

  • dimensionnement basé uniquement sur la toiture
  • aucune réflexion sur les habitudes de consommation
  • pas de pilotage
  • aucune vision globale

Résultat :

➡️ surplus énorme en journée
➡️ revente à bas prix
➡️ rachat le soir à prix fort

Et derrière :
👉 déception… parce que les économies promises ne sont pas au rendez-vous.

La vraie approche qui fonctionne aujourd’hui :

👉 consommer au bon moment
👉 stocker quand c’est pertinent
👉 piloter intelligemment

L’objectif n’est plus de produire un maximum mais d’utiliser intelligemment chaque kWh.

🔋 Batterie : bonne ou mauvaise idée ?

C’est LA question.

Et la réponse honnête, c’est : ça dépend.

Une batterie est intéressante si :

  • vous avez beaucoup de surplus
  • vous êtes peu à la maison en journée
  • vous consommez surtout le soir

Mais dans beaucoup de cas :

👉 optimiser ce que vous avez déjà est plus rentable que d’acheter une batterie.

Et la voiture électrique ?

Clairement sous-estimée.

Elle peut :

  • absorber une grosse partie du surplus
  • augmenter fortement l’autoconsommation
  • réduire vos coûts globaux

Et avec le bidirectionnel… elle peut même devenir une batterie sur roues.

Mais ça, on en reparle bientôt 😉

🎯 Conclusion

Le solaire reste une excellente décision en Suisse.

Mais plus pour les mêmes raisons qu’avant.

👉 Le vrai changement :

❌ produire pour revendre
✅ produire pour consommer intelligemment

Et pour votre maison ?

Chaque situation est différente.

Et c’est justement là que tout se joue.

  • habitudes, profil de consommation
  • installations existantes
  • chauffage
  • mobilité

Un projet bien pensé peut faire toute la différence.

Parce qu’aujourd’hui, ce n’est plus une question de panneaux: c’est une question de stratégie.

Vous avez une installation solaire… mais est-elle vraiment optimisée ?

Aujourd’hui, je vois énormément de propriétaires qui produisent leur électricité… mais qui en perdent une partie sans même s’en rendre compte.

Pas parce que leur installation est mauvaise. Mais parce qu’elle n’est pas adaptée à leur façon de consommer.

Et avec les tarifs actuels, chaque kWh mal utilisé vous coûte de l’argent.

💡 EASY OPTI : comprendre, corriger, optimiser

C’est exactement pour ça que j’ai créé EASY OPTI.

Le but n’est pas de vous vendre du matériel.
Le but, c’est de vous dire ce qui est réellement pertinent dans votre cas.

Concrètement, j’analyse :

  • votre consommation réelle
  • votre production (si vous êtes déjà équipé)
  • vos habitudes de vie
  • votre chauffage, votre mobilité, vos équipements

 

Et surtout :

  • ce que vous perdez aujourd’hui
  • ce que vous pouvez améliorer facilement
  • et ce qui vaut vraiment la peine… ou pas

🎯 Pas de discours commercial. Juste du concret.

Parfois, la solution est simple :

  • mieux programmer vos appareils
  • adapter certains usages

Parfois, c’est plus structurant :

  • ajouter un système de pilotage
  • intégrer une batterie
  • repenser votre stratégie énergétique globale

👉 Mais dans tous les cas, vous savez où vous mettez les pieds.

📩 Faites analyser votre installation (ou votre projet)

👉 Découvrez EASY OPTI ici :
https://easy-sun.ch/prestations-particuliers/easy-opti/

Ou contactez-moi directement avec quelques infos de base et je vous dis déjà si ça vaut la peine d’aller plus loin.

 

Parce qu’aujourd’hui, avoir des panneaux ne suffit plus. Ce qui fait la différence, c’est la manière dont vous utilisez votre production !

 


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